mardi 2 février 2010

Réflexions sur l’ « Age de la stupidité »

Le documentaire britannique de Franny Armstrong reprend le comportement de l’homme à l’égard de son environnement dans le passé ainsi que dans le présent, et le projette dans le futur selon un scenario « fictif », où le narrateur sera le seul survivant de la race humaine en 2055. On commence à imaginer des scenarios macabres pour une date qui n’est pas très loin, ça nous donne un indice du rythme accéléré de la dégradation de notre terre.

« Beaucoup d’idéologies ont essayé de remporter l’esprit de l’homme : Le fascisme, La religion, Le communisme, La science, et le plus important La démocratie. Mais non, la seule idéologie qui a dominé c’est le Consumérisme !! » Et l’on devient les sociétés de consommation par excellence. Si on considère le pourcentage des budgets consacrés aux Marketing dans une entreprise, on est face à une nouvelle philosophie : on ne cherche plus à satisfaire des besoins, mais plutôt à les créer. Dans la logique du Marketing, lorsqu’on étude un marché, on exclu seulement les Non consommateurs absolus, en d’autres termes, un opérateur mobile cible tout individu qui a l’habilité physique d’utiliser un téléphone portable, et non pas ceux qui en ont besoin ; D’ailleurs ils ont presque réussi leurs objectifs dans les pays européens comme la France, où on a atteint un taux de pénétration presque complet. Le portable est devenu un besoin fondamental chez nous, alors qu’il y a une dizaine d’années ce n’était pas le cas. Leurs objectifs actuels c’est de nous vendre des services imaginaires qu’on n’aurait pas pu en avoir besoin tout seul (Augmentation de l’ARPU du consommateur) ! On consomme de plus en plus, et on épuise les ressources naturelles de la terre. « Si toute la population terrestre consomme de la même façon que les américains, on aura besoin de quatre autres globes terrestres pour y satisfaire ». On est responsable comme consommateurs de réduire cet abus de détérioration de la richesse naturelle, et cela par le biais de notre pouvoir démocratique dans l’économie du marché. Je reviendrais sur ce concept une fois que je traiterais les défauts du capitalisme comme tel aujourd’hui.
« On sera pas la première forme de la vie qui se fait disparaitre, mais ce qui nous rendra uniques c’est qu’on en était conscient ». C’est la où il faut exposer notre système capitaliste qui a pu survivre assez longtemps. Le capitalisme se repose dans son fond sur la motivation du l’homme à investir le capital. L’économie fonctionne bien lorsqu’il y a investissement. Les investissements créent la valeur ajoutée, qui est repartie entre le capital et le travail, le dernier est rémunéré et cette rémunération sous forme des revenus des ménages leur donne le pouvoir d’achat qui leur permet de consommer et faire tourner le cycle de l’économie macroscopique. Et quand est ce qu’on investi ? C’est surtout lorsqu’il y a du profit. Donc le profit du capital est le moteur de ce système. Malheureusement, le capital est aveugle, il ne voit pas tout les effets de son investissement et de son non investissement : un besoin non solvable n’existe pas. Pour illustrer cela par un exemple, on prend le cas des multinationales pétrolières. Pour réaliser des chiffres d’affaires hallucinants, elles sont prêtes à créer des conflits sanguins dans les pays de l’Afrique riche en pétrole pour en profiter. La motivation du Capital à investir s’explique facilement par la théorie des attentes en psychologie : on ne perçoit qu’en fonction de nos attentes, et surtout on cherche les résultats du premier degré (court terme) qui est le profit, en oubliant ceux du second degré comme la préservation de la nature. Les plus grands bébés monstres du Capitalisme sont les sociétés anonymes multinationales. Elles profitent des économies d’échelles et de l’ouverture des marchés mondiaux pour se faire des marges énormes afin de rémunérer le capital, qui est dans ce cas sous forme de dividendes aux actionnaires. Le dernier souci de ces monstres est la considération de l’environnement : les pommes de terre sont récoltées dans le nord de la France puis amenés en Italie pour être transformées en purée et puis ramenées au nord pour d’autres fins. Elles ont dessiné ce trajet car il est profitable, mais qui va payer la dégradation de l’atmosphère par toutes les émissions du CO2 résultantes de ces différents trajets ? Ces charges ne figures pas dans leurs comptes de gestion alors elles n’existent pas ! Il y a des efforts pour inclure ces charges dans la mesure de l’activité macroscopique d’une zone économique, par exemple on commence à écouter parler du PIB vert. Avec cet indice, on peut mesurer combien un pays nuit à la nature.
C’est ici que je voudrais exposer la première mesure qu’on peut prendre en tant que consommateurs conscients : Refuser systématiquement les produits polluants, et choisir de préférence les produits éthiques. Exemple : choisir un produit local même si plus cher qu’un produit importé. C’est ici qu’on parle du pouvoir démocratique du consommateur dans l’économie du marché ou bien l’économie de l’offre et de la demande, car en fait par nos décisions micro-économiques on peut changer le comportement de l’investissement vers plus de l’éthique. Si on continue dans notre exemple, les importateurs ne vont plus importer car il n’y a pas de demande sur ces produits, il y aura moins de transport de produits et donc moins de pollution.
Pour retourner au système capitaliste, l’état doit intervenir et jouer les deux rôles d’entrepreneur et de régulateur pour minimiser le fait que le capital est aveugle. Mais le problème c’est que l’état est souvent contrôlé par le capital, donc il ne va pas s’opposer à ses profits. D’ailleurs on voit que finalement l’état doit intervenir de plus en plus pour empêcher le capital d’abuser, et ca doit être fait par tous les pays pour que ca soit efficace, et l’on se trouve dans le modèle communiste ! Quelle ironie ! Beaucoup de penseurs économiques « machiavéliques » prédisent la fin proche de ce système, car à un certain moment, les richesses seront toutes exploitées et le capital ne sera plus motivé pour investir, et l’économie tombe.
Pour terminer, je vais mettre le point sur deux dernières mesures qu’on peut prendre comme individus soucieux de notre environnement, et donc de la pérennité de notre race.
On peut contribuer à la réduction de l’usure des ressources naturelles par des petits gestes qui auront un grand effet si tout le monde y pensent. Ne pas laisser l’ordinateur allumé pour rien, ne pas utiliser excessivement la lumière pendant le jour, etc… Les exemples sont nombreux et tout le monde peut facilement les respecter. Dans le documentaire on propose de créer des quotas énergétiques aux individus, c.à.d. un personne aura une certaine quantité d’énergie qu’il peut dépenser pendant un an. C’est une bonne idée bien qu’elle est difficile pratiquement à mettre en place.
On peut prendre des actions politiques pour favoriser les pratiques respectant la nature : voter pour les partis verts, participer aux manifestations contre le réchauffement du globe terrestre, promouvoir les produits verts, informer les autres…
La conclusion c’est que nous avons le pouvoir comme étant des citoyens et cela par nos micro-actions, on a encore quelques années pour rattraper, sinon la dégradation de la nature sera irréversible, un phénomène hors de notre control, et le réalisateur aura raison d’appeler notre époque The Age Of Stupid.